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Aux termes d’une décennie d’efforts, nous sommes parvenus à réduire nos déficits en matière de développement humain, mais aussi à relancer et à accroître la dynamique de croissance économique, notamment hors des hydrocarbures.
Un environnement plus propice au développement a été instauré grâce aux différentes réformes menées. Notre économie nationale s’est également ouverte au marché mondial et à l’attrait des investisseurs étrangers, en concours directs ou en partenariats. Les différentes formes de soutien à l’investissement ainsi que les importants plans de charge générés par les programmes publics de développement, ont favorisé aussi le développement des petites et moyennes entreprises locales.
Sur la base de ces acquis, j’entends engager davantage nos potentialités dans la création de richesses économiques diversifiées, et pour une offre accrue d’emplois par tous les secteurs d’activités.
C’est dans ce but que s’inscrivent les actions exposées plus haut et qui sont destinées à améliorer encore la bonne gouvernance. C’est dans la même direction que j’entends également consacrer une part non négligeable du montant équivalent à 150 milliards dollars que j’envisage d’engager au titre des dépenses publiques, et qui accompagneront la mobilisation du capital privé national et de l’investissement extérieur. Certes, la crise économique sévère qui prévaut aujourd’hui au niveau international n’épargne pas notre pays dans ses recettes extérieures. Celle-ci nous invite à la prudence dans la gestion des ressources que notre pays a pu accumuler durant les années écoulées, et qui lui permettront d’éviter de subir une nouvelle fois l’arrêt ou le ralentissement de son élan de construction nationale.
La crise internationale nous invite également à plus d’efforts, plus de travail et à lutter davantage contre toute forme de gaspillage de la ressource publique. Elle nous invite enfin à adapter l’insertion de notre économie nationale dans le marché mondial aux développements en cours sur la scène internationale : notre marché sera ouvert certes, mais notre pays doit produire localement une partie de ses besoins, veiller également à renforcer la mission de régulation économique de l’Etat, et à préserver enfin sa balance des paiements.
C’est dans ce sens que s’inscrit l’ensemble des mesures que je vous ai exposé plus haut, et que se projette également la démarche économique que j’énonce ci-dessous.
Ainsi, j’entends valoriser davantage le potentiel de l’agriculture, d’abord au service de notre indépendance alimentaire.
Le cadre législatif pour l’exploitation des terres publiques a été aménagé et sera finalisé. Les capacités d’irrigation agricole seront renforcées, y compris dans les Hauts Plateaux où sera conduite la réalisation de grands transferts, à partir des nappes albienne du sud.
Les agriculteurs et les éleveurs dont la dette a été rachetée par le Trésor, recevront d’importants soutiens et encouragements pour, moderniser et mécaniser les cultures, améliorer le niveau de la production, et réduire ainsi le déficit de la couverture des besoins alimentaires de la population. Les circuits de distribution des produits agricoles seront améliorés.
1.000 milliards DA seront consacrés durant les cinq années à la progression vers la sécurité alimentaire du pays. Dans le même temps, nous encouragerons l’investissement national et étranger dans l’agriculture et l’élevage et dans l’industrie agro-alimentaire, étant entendu qu’il devra satisfaire d’abord les besoins de notre marché.
La pêche continuera aussi de bénéficier des encouragements publics, pour mobiliser sa participation à l’alimentation de la population, à la création d’emplois, ainsi qu’à l’exploitation des ressources halieutiques de nos eaux territoriales par des capacités locales. La modernisation de l’agriculture ainsi que les programmes d’investissements publics dans les autres secteurs, notamment le bâtiment et les travaux publics ou l’hydraulique, offriront d’importants plans de charge pour la relance industrielle dans notre pays qui doit en tirer profit.
A ce titre, je veillerai à la remise à niveau des entreprises publiques viables et disposant d’un plan de charge.
Des concours financiers leurs seront octroyés, sous forme de crédits avantageux, pour leur redressement et la modernisation de leurs outils de production. Nous associerons à cette démarche les partenaires étrangers disposés à participer à la modernisation de notre outil industriel.
Je soutiendrai aussi le développement de la pétrochimie, de l’exploitation minière, ainsi que la promotion des énergies nouvelles.
Cette politique devra également prendre en considération le développement d’industries en aval, et la garantie de la sécurité énergétique du pays à long terme. A ce titre, nous travaillerons à la promotion de l’énergie solaire dont nous possédons de grandes capacités, ainsi que de l’énergie nucléaire à des fins exclusivement pacifiques, pour laquelle, nous devons d’ores et déjà préparer le terrain.
Je poursuivrai la modernisation des services, en accompagnement à l’investissement économique.
Outre, le développement des infrastructures de transport terrestre, nous parachèverons également la modernisation de l’exploitation des ports. De même, nous réhabiliterons nos capacités de transport maritime de marchandises.
Nous renforcerons les mécanismes de financement de l’investissement.
Je veillerai à ce que notre développement se poursuive en évitant le recours à l’endettement extérieur et en comptant d’abord sur la mobilisation des ressources financières disponibles localement.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la création récente d’un Fonds National d’Investissement qui sera doté d’un capital public de 150 milliards DA et qui aura une capacité de financement de plus de 1000 milliards DA durant les cinq prochaines années.
D’autres mécanismes novateurs accompagneront le parachèvement de la réforme bancaire, dont des instruments de financement du leasing et du capital investissement, tout comme nous développerons le marché obligataire et la Bourse locale, avec les garanties requises contre toute activité spéculative et toute évasion de capitaux.
La petite et moyenne entreprise qui s’investira dans le développement du pays, loin des pratiques parasitaires ou spéculatives, bénéficiera de mon soutien, avec comme objectif la création d’au moins 200.000 nouvelles PME durant les cinq prochaines années.
A cet égard, l’accès au crédit leur sera facilité davantage, dans le respect de normes légales, notamment par une consolidation des mécanismes publics de garanties. Les capacités de conseils et d’accompagnement aux entrepreneurs seront développées, avec un réseau institutionnel à travers les différentes wilayas. La disponibilité du foncier industriel, dans le cadre du régime de la concession, sera améliorée avec les multiples nouvelles zones industrielles que nous développerons le long des voies de communication.
Le développement de l’investissement dans les zones défavorisées ainsi que dans les wilayas du Sud et des Hauts Plateaux, bénéficiera d’encouragements particuliers. Enfin, la clause préférentielle du code des marchés sera davantage appliquée au profit de l’entreprise locale mais à qualité égale, dans le cadre des appels d’offres publics.
J’entends aussi soutenir la renaissance du tourisme et de l’artisanat.
L’investissement dans l’hôtellerie à travers tout le pays, la formation des personnels et l’amélioration de la qualité des services, y compris des agences de voyages, seront encouragés. Les efforts en cours pour la promotion de l’artisanat seront également maintenus et consolidés.
Notre objectif pour les cinq années à venir, est de réinsérer notre pays dans les circuits du tourisme mondial, mettre en valeur nos potentialités dans ce domaine, et augmenter le concours de ce secteur à la création d’emplois et aux rentrées de devises.
L’intensification de l’activité économique contribuera davantage à la création d’emplois et à la lutte contre le chômage. Cependant, la composition démographique de notre population, notamment la place importante qu’y occupent les jeunes, fait que la demande d’emplois demeurera forte durant les années à venir.
Mon objectif pour les cinq prochaines années, est la création de trois millions de nouveaux emplois, dont la moitié par l’investissement dans les divers secteurs productifs et par l’Administration Publique.
A cette fin, les dispositifs d’aide à la création de micros entreprises seront soutenus de manière accrue y compris pour la création d’activités par les femmes à domicile. Nous poursuivrons également le programme de construction de locaux avec le concours des collectivités locales, au profit des chômeurs en mesure de créer leurs propres activités, et je veillerai à ce que l’utilisation de ces facilités soit équitablement ouverte aux femmes.
Les dispositifs publics d’aide à l’emploi d’attente, et d’appui à l’insertion et à la qualification professionnelle des diplômés seront préservés et dynamisés.
L’amélioration du niveau de vie des citoyens demeurera au centre de ma démarche, en concordance avec nos principes nationaux et avec mes propres convictions.
Dans ce cadre, j’entends voir les travailleurs tirer leur part de bénéfices du développement économique que je vous propose, qu’il s’agisse du respect de leurs droits sociaux et de leurs conditions de travail qui sont codifiés par la loi, ou de la révision périodique de leurs salaires que ne manquera pas de faciliter le cadre tripartite de négociation entre les Pouvoirs publics, les opérateurs économiques et les travailleurs.
Convaincu que la construction nationale exige le concours de toutes les énergies nationales, j’entends, encourager un dialogue national permanent, associant nos forces productives et nos compétences, autour de la politique nationale de développement économique et social.
A ce titre, je soutiendrai l’enrichissement du Pacte National Economique et Social pour mobiliser davantage les partenaires au développement.
Le Conseil National Economique et Social qui regroupe l’ensemble des partenaires socio-économiques nationaux ainsi qu’un nombre important de compétences de haut niveau, sera davantage mis à contribution pour évaluer et enrichir en permanence notre démarche de développement. |